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France-Nouvelles aides et plan d'économies face au coût de €6 mds de la crise en Iran
information fournie par Reuters 21/04/2026 à 18:42

* Le coût de la guerre estimé à €6 mds

* Des économies de même ordre envisagées, dont €4 mds pour l'Etat

* Aides prolongées en mai pour les pêcheurs, agriculteurs et transporteurs

* Un nouveau dispositif dévoilé pour les "gros rouleurs"

(Actualisé avec nouveau paquet d'aides annoncé par Lecornu)

Le gouvernement français a annoncé mardi un plan d'économies de six milliards d'euros pour compenser le coût engendré par la guerre au Moyen-Orient et tenir l'objectif de réduction de déficit public en 2026, alors qu'ont été dévoilées de nouvelles mesures de soutien ciblées face à la hausse des prix de l'énergie.

Environ quatre milliards d'euros de dépenses de l'Etat pourraient être gelées cette année, et deux milliards au titre des dépenses sociales, a annoncé le ministre chargé des Comptes publics, David Amiel, à l'issue d'un comité d'alerte des finances publiques réunissant ministres, parlementaires, élus locaux et partenaires sociaux concernés.

"La guerre a un coût. Elle a un coût qui est aujourd'hui estimé à six milliards d'euros pour les finances publiques", a déclaré David Amiel à la presse.

"Notre devoir, c'est de prévoir tous les scénarios. Et comme aujourd'hui, nous avons des prévisions qui nous indiqueraient un coût pour les finances publiques de six milliards d'euros, nous devons prévoir d'ores et déjà un certain nombre de mesures à hauteur de six milliards d'euros", a-t-il ajouté.

Ainsi, "six milliards d'euros de dépenses pourraient être stoppées, quatre milliards d'euros pour l'Etat, deux milliards d'euros dans la sphère sociale", a indiqué le ministre.

"Je dis bien qui pourraient être stoppées car tout cela est encore recouvert de beaucoup d'incertitudes", a-t-il précisé, évoquant un "surgel" de certaines dépenses ou des "annulations ciblées".

"Evitons les mauvaises surprises", a renchéri le ministre de l'Economie et des Finances, Roland Lescure, présent à ses côtés devant les journalistes. "On prend des mesures de précaution (...) et ensuite on pourra adapter au fur et à mesure de l'année en fonction de l'évolution de la situation."

"NE FERMER LES YEUX NI SUR LA GUERRE, NI SUR LA DETTE"

Le gouvernement entend ainsi tenir son objectif de réduction du déficit public à 5% du produit intérieur brut (PIB) cette année malgré l'impact de la crise en Iran qui pèse sur l'activité économique et alimente les pressions inflationnistes en raison de la hausse des prix de l'énergie.

Plus tôt ce mois-ci, l'exécutif a abaissé à 0,9% sa prévision de croissance pour 2026, contre 1% attendu auparavant, et relevé sa prévision d'inflation à 1,9%, contre 1,3% anticipé précédemment.

D'après le gouvernement, la crise a engendré un renchérissement significatif du service de la dette, estimé à 3,6 milliards d'euros.

Les anticipations de hausse de l'inflation et d'un resserrement de la politique monétaire de la Banque centrale européenne (BCE) ont fait grimper les rendements obligataires souverains en Europe, qui déterminent les coûts d'emprunt des gouvernements.

Le rendement de l'OAT française à dix ans FR10YT=RR évoluait mardi à 3,65% contre 3,21% avant le début du conflit au Moyen-Orient le 28 février.

"Dans la période actuelle, on ne peut fermer les yeux ni sur la guerre ni sur la dette", a déclaré David Amiel.

A cette hausse de la charge de la dette s'ajoutent le coût des opérations militaires - plus d'un milliard d'euros supplémentaire est anticipé en matière de défense - et celui des aides d'urgence débloquées par l'Etat pour certains secteurs comme le transport, l'agriculture ou la pêche.

AIDE POUR LES "TRAVAILLEURS MODESTES" ET "GROS ROULEURS"

Début avril, le gouvernement avait chiffré ces aides à 130 millions d'euros mais ce montant va augmenter, alors que Sébastien Lecornu a dévoilé mardi un nouveau paquet d'aides ciblées pour le mois de mai.

Il a notamment annoncé une nouvelle aide pour les "grands rouleurs" correspondant à une baisse de 20 centimes par litre pour les mois d'avril, mai et juin.

Cette mesure concerne les "travailleurs modestes" contraints d’utiliser leur véhicule à des fins professionnelles, soit environ trois millions de Français, a indiqué le Premier ministre.

"On reste sur le soutien à l'activité (...) Pas dans une logique de chèque à l'aveugle, mais bien dans quelque chose qui est particulièrement ciblé. Et là, on le voit bien, sur beaucoup de métiers, la situation devient difficile", a-t-il expliqué lors d'une conférence de presse depuis le perron de Matignon.

L'industrie du BTP va également entrer dans le cadre des mesures de soutien ciblées, avec une aide de l'ordre de 20 centimes par litre pour les entreprises de moins de 20 salariés, a annoncé Sébastien Lecornu.

Pour les secteurs déjà soutenus par le gouvernement, les mesures vont être reconduites voire relevées. Ainsi, l'aide à la pompe pour les pêcheurs, fixée le mois dernier à 20 centimes par litre, va être portée à entre 30 et 35 centimes par litre. Pour les agriculteurs, cette aide va être multipliée par quatre pour atteindre environ 15 centimes par litre.

Du côté des transporteurs, l'aide forfaitaire de 20 centimes par litre va être reconduite, tandis qu'une "négociation spécifique" pour les taxis et les VTC va être menée dans les jours à venir.

Le gouvernement écarte toujours pour l'heure de quelconques mesures généralisées, comme une baisse des taxes sur les carburant, qui seraient "non financées, non finançables", a affirmé Sébastien Lecornu. "Si les choses devaient s'aggraver, il va s'en dire que d'autres annonces pourraient être faites", a-t-il toutefois assuré.

(Rédigé par Zhifan Liu et Blandine Hénault)

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